Alice Springs : le trou du…

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alice spring

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J’aime les implantations humaines du bout du monde.
Quand la terre s’arrête au bord de l’eau, interdite. Quand elle semble plonger un orteil dans l’océan en se disant : non, décidément, pas possible d’aller plus loin.
Souvent un petit port, quelques bicoques, pas grand chose. Labuanbajo au bout de Florès (Indonésie), Ushuaia tel que je me l’imagine.
Elles m’émeuvent.

J’aime aussi les « centres du monde ».
Quand les chemins semblent converger vers un point qui se charge de l’énergie de l’espoir de ses immigrants.
La topographie a souvent décidé du lieu : un fleuve, une port abrité par une baie, un colline, des lieux de passage obligés pour les voyageurs. Ou de protection et d’abondance pour qui veut s’y installer.
New York, Jérusalem, Istanbul, Laval, Sydney.
Dans ces villes, semble parfois battre le pouls de la planète. Elles ont l’air de pouvoir se passer du reste du monde.
Ces villes me fascinent.

Et puis, il y a les trous du cul du monde. Des concentrations humaines qui échappent à la logique habituelle des déplacements et des implantations humaines.
Alice Springs est de ceux-là.

Les aborigènes , intéressés par les sources (« spings ») y sont implantés depuis des milliers d’années. Mais qu’ils aient été nomades (pour leur majorité), semi-nomades ou sédentaires, ils n’ont pas construit de ville. Leurs communautés étaient de toute façon trop restreintes.

C’est le télégraphe (« Le fil qui chante » dans Lucky-Luke.) qui donne naissance à Alice Springs en 1871. Il fallait relier le Nord du continent au sud à travers 3000 km de désert. La ville a été choisie pour sa position médiane et ses réserves en eau. Des convois de chameaux guidés par des Afghans approvisionneront les chantiers de la voie de chemin de fer ( train baptisé ´Le Ghan » en leur hommage ) et le télégraphe.
La ville ne comportait que quelques centaines d’habitants dans les années cinquante pour connaître ensuite un boom et atteindre 25000 habitants aujourd’hui.

Ces villes sont des trous du cul du monde (bien qu’il y ait beaucoup de soleil). Canberra, la capitale, en est un autre, bâtie à équidistance des deux capitales alors fédérales qu’étaient Sydney et Melbourne. Sa raison d’être, purement administrative, peut se passer d’un fleuve, d’une colline, d’un accès à la mer.

Ces villes m’indiffèrent.

Sylvain

Comments (0) Fév 09 2005