Post-scriptum d’Australie : le message (de trop) qui explique pourquoi trop de messages !

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carte australie sylvain

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Pourquoi avoir écrit des messages pour Cap vers, – tant et plus et trop –, alors que j’ai toujours prôné l’inverse ?

J’aime en effet que le voyage soit l’occasion d’un détachement, d’une déconnexion. Au sens figuré du terme, en espérant me débarrasser du mouvement brownien des pensées parasites (« J’ai éteint le gaz ? »), des fausses préoccupations (« Nantes – son club de foot ndlr – à fait combien ? ») ou encore mieux des pensées convenues (« Nantes a le plus beau jeu »).
Pour atteindre un autre point de vue, mais surtout pour jouir du bonheur profond d’être un voyageur errant (assurance rapatriement comprise dans la carte bleue), une éponge qui capte la buée du monde (ça ne veut rien dire, mais c’est très joli : la buée des paroles, la rosée du désert précieuse aux aborigènes… Faites jouer votre imagination, merde !)

Or, le sens figuré requiert le sens propre : pas de connexion internet et le carnet de bord, n’a qu’une visée introspective ou de journal de bord.

Mais ce voyage n’était pas habituel. Car il conciliait la famille (mon frangin habite Melbourne avec sa compagne et leurs deux petits) et le voyage.
Or, les deux sont difficilement compatibles. Alors que l’essence de la famille est l’attachement (celui qu’on souhaite et … qu’on ne souhaite plus), le carburant du voyageur est le détachement. (ça nécessiterait des précisions, mais le percutant de la formule la clôt là).

En venant en Australie, je cherchais à cultiver l’attachement à ma famille, en veillant notamment à ne pas perdre contact avec les enfants de 1 et 6 ans. (J’ai ainsi veillé à passer le maximum de W.E. à Melbourne et donc à ne partir que pour 5 ou 10 jours.) J’ai été comblé.

En venant en Australie, je comptais aussi voyager. Pour moi, voyager, c’est découvrir (collectionner des cartes postales), mais surtout atteindre cet « état de voyage », si paisible, si plein, cet état de réconciliation avec soi-même, avec la nature, parfois ses « frères humains »(plus difficile).

Découvrir, je l’ai fait, mais « l’état de voyage », je ne l’ai pas atteint et je le savais avant même de partir : car le détachement par intermittence n’est pas possible !

Dans ces conditions, sachant que la déconnexion « mentale » n’était pas possible, mon grief contre la connexion à Internet tombait et c’est ainsi que j’ai envisagé de vous écrire. Quitte à rester connecté, à ne pas pouvoir débrancher la prise , autant en faire profiter les camarades restés au pays de la lumière grise.

Cela explique pourquoi pas pas de message (vous me suivez ?), mais cela n’explique pas pourquoi tant de messages – trop, selon certains – et pourquoi si longs – trop longs, selon les mêmes ?

Et d’une, je me suis senti une responsabilité (pas écrasante, rassurez-vous) d’administrateur à faire vivre le site.

Et de deux, je me suis pris au jeu. Voyager en solo est une activité surtout physique (crapahuter) et contemplative (laisser son esprit dériver au fil du paysage qui bouge). Ecrire (surtout pour les autres) requiert une attention plus grande qu’écrire son carnet de bord. L’exercice est difficile mais il me plait. C’est une activité cérébrale complémentaire des deux autres. Je l’apprécie en fin de journée. Elle repose les orteils tuméfiés et stimule un cerveau bercé par les endorphines de l’effort et par la rêverie. Et puis je ne dissocie pas totalement le fait de vivre un événement et de l’écrire.

Et de trois, j’ai délaissé mon carnet (lui réservant les pensées les plus intimes) et ces messages sont devenus mon carnet de voyage de substitution. Il m’est alors devenu difficile de n’écrire que partiellement sur mon périple. J’ai eu envie, besoin même, d’une totalité. Tout en étant conscient que trop de messages tue peut-être l’envie de lire les messages. Mais libre à vous de ne pas lire, n’est-ce pas ? Alors que moi, il me fallait bien les écrire. Ce qui ne fut pas toujours facile après une journée à aller et venir.

Mais j’ai toujours eu le souci de vous, lecteurs, croyez-moi. Alors, si ce carnet vous a plus ou moins plu, un petit mot de votre part me ferait plaisir, me disant les plus et les moins : rossignol.sylvain@wanadoo.fr

Goodbye mates !

Sylvain, Laval (-2°C), 26 février 2005

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